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Dans les oeuvres plus récentes, les formes s'alourdissent, la main
du sculpteur y cisèle de profondes cicatrices que la patine souligne Caryatide, Birdy , Le
penseur Jeune homme assis et Aurore appartiennent à cette
nouvelle inspiration ainsi que La Terre : formes tourmentées, plus
enracinées, comme se refusant à quitter leur gangue de terre
cuite ou enfermées dans la patine verte ou brune de leur bronze. Birdy est
« femme-oiseau » elle s’apprête à l'envol, son esprit
l'y invite mais ses mains enserrent toujours un corps tendu, aux muscles saillants,
qui s'attache à la terre de toutes ses frayeurs. il en est de même
du Penseur, aux formes torturées, à la main posée au
sol comme pour s'y enraciner, au visage hagard entre résolution et
irrésolution. Et puis il y a La Terre et Aurore, toutes deuxspirale, rondeur, fermeture. La
Terre,
plus lourde, plus massive est comme ancrée dans une certitude qu'elle se refuse à quitter. Il y a du Maillol dans ce personnage,
une solidité plus avouée. Elle a accédé à
l'équilibre que refuse Aurore, corps dynamique , qui regarde vers un
ailleurs, visage presque serein. Le jour s'est levé, brillance et illumination
imprègnent cette oeuvre tournée vers l'espérance d'un
lendemain. Sous ses deux formes, terre cuite et bronze, elle apparaît
différemment. La terre cuite lui donne plus de force, de puissance,
tandis que le bronze crée une présence plus exigeante, donne
l'illumination intérieure et l'éclat. Aurore est
une soeur lointaine de l'Aurore de Michel–Ange mais elle n'a ni l'imposante silhouette de sa devancière
ni sa divine sérénité. l'Aurore de Tsalapatanis est une
femme, rien qu'une femme qui prend conscience d'elle-même au matin d'un
jour qui commence.
Tsalapatanis aime aussi travailler le portrait. De nombreuses têtes
jalonnent son itinéraire, de son autoportrait aux deux ou trois portraits
de Picasso pour lequel elle avoue avoir un faible, tous saisis dans leur singularité
et leur essentialité. Il y a aussi la Chimére si chère aux Sculpteurs de la Renaissance, à laquelle
elle donne un visage d'angoisse comme cette Sybille de Delphes habitée
par la révélation. Et cette Femme-Poule, retour à l'art
primitif, tête et buste menus, ventre et hanches gigantesques d'une
déesse terre, lovée dans son nid, clin d'oeil plein d'humour,
autre visage de la maternité, vu sous l'angle de la dérision.
Ici l'image préalable impose la forme, un regard, une ligne. |
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