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Trois sources d'inspiration semblent aujourd'hui dominer l'œuvre de Marie-Thérèse Tsalapatanis
auxquelles d'autres plus diffuses se rattachent. La première est
sans conteste la Femme. De son origine grecque l'artiste tient, au début
de son œuvre, ses formes pleines, ses Vénus archaïques aux
hanches généreuses, ses génitrices, " reliées
" au sens spirituel du mot, à la Terre. Le regard cependant
est ailleurs, visage dressé, absent, profondément intériorisé,
toujours aussi " angoissant ". Déjà cette absence
au monde, ce silence intérieur dans lequel affleure l'âme.
Cette image-là est emblématique de l'œuvre de l'artiste.
Du reste nombreuses sont les œuvres sous ce signe ou qui s'y apparentent
: Réflexion, Présence, Rêverie, Penseur, Attente,
Sphinx, Quiétude, Sentinelle, Ailleurs…Toutefois ce qui me frappe
le plus c'est peu à peu l'absence de dénomination des figures
qui sont tout simplement appelées Figures, avec des chiffres comme
si l'artiste se refusait désormais à nommer, à définir,
à préciser. Figure, pour qualifier des formes qui s'inscrivent
dans l'espace comme des signes, dépouillées de leurs chairs
avec des épaules pointues limitant une sorte d' écrin pour
la tête " j'aime le squelette en deçà de la chair
" dit l'artiste à propos de cette figure 10, femme sans doute
mais quoi encore ? L'image s'intellectualise, elle devient concept car
par-delà la Femme surgit partout l'emblématique image de
la conquérante, dressée comme une figure de proue, qu'elle
émerge de l'argile comme la Figure 10, altière comme la
Figure 7, qu'elle soit Papillon prête à prendre son envol,
Sphinx ou Marine, ou encore Flamme, elles se dressent comme des combattantes
face à la matière, aux éléments, au ciel même
qu'elles défient…Mais c'est surtout dans La Flamme et dans l'Eve
que Tsalapatanis exprime le mieux ce concept d'une Femme toujours archaïque,
maîtresse du Monde comme d'elle-même, régnant sur un
Univers qui est à la fois le berceau et l'objet de son triomphe.
Flamme est l'épure même d'une figure féminine, corps
fiché en Terre, buste cambré, tête menue et bras levés,
étirée et attirée vers le ciel comme ces figures
antiques du triomphe décorant le char des vainqueurs. Mais ici
cette Niké ne gouverne que son propre triomphe, triomphe qu'assure
et proclame comme un défi cette Eve qui se substitue ici à
l'Adam de Michel Ange au plafond de la Sixtine comme si Eve désormais
avait définitivement oublié Adam, l'avait gommé de
son histoire, refusant cette dépendance que la Bible a voulu lui
assigner. C'est une rebelle. Tsalapatanis est féministe, elle l'avoue
simplement, sans revendication, elle le pense, elle l'inscrit dans une
œuvre par ailleurs sans concession. Il y a comme une déification
de l'image féminine mais dans la dignité. Cette dignité
est la seconde composante de l'œuvre de cette artiste. La Femme-Epure
qui naît de son travail du modelé, cette Femme-là
je le disais plus haut est presque un concept, quintessence de la femme
elle est aussi spiritualité. J'évoquais alors toutes les
références à l'intériorité, à
la spiritualité, à la dignité car cette dignité
n'est pas une attitude, elle est fonctionnelle, elle a pris sa force dans
la Nature qui est la troisième composante de la trajectoire de
cette œuvre et qui les résume toutes. |